Brèves - 14 juillet 2009

Procès des Barbares
Les associations juives protestent contre le verdict, trop clément selon elles à l'encontre des complices de Fofana. C'est vrai, d'ailleurs, à quoi bon passer par un juge : un train direct pour Auschwitz aurait largement fait l'affaire pour toute la bande.

Lutte contre la délinquance
Les recommandations de Sarkozy en matière de lutte contre la délinquance passent mal : pourtant mises en oeuvre dans le plus grand respect de la tradition, elles semblent choquer à Firminy et Louviers.

Crise
Des employés d'un sous-traitant de Renault menacent de faire sauter leur usine en liquidation. Ils devraient commencer par y séquestrer le patron.

Régime
Deux français kidnappés en Somalie ; y'en a qui feraient n'importe quoi pour maigrir avant les vacances.

Recyclage
Une manifestation tourne à la bataille rangée à Montreuil. Dominique Voynet désespère : "C'est pas comme ça que je comptais mettre en place le tri sélectif".

EDF
Son patron réclame une hausse de 20% des tarifs. Après la levée de boucliers d'usage au gouvernement, de combien sera finalement la hausse ?
Ah ben oui, car il y en aura quand même une, hein.

Chine
Répression au Xinjiang : ça va être plus dur à dire que "free Tibet". Mais les Oïgours étant musulmans, on devrait moins en entendre parler.

Perpignan
Alduy a été réélu malgré le scandale de la fraude "aux chaussettes". Les Pyrénées Orientales deviennent officiellement colonie Varoise.

Affaires
Julien Dray affirme que ses tracasseries judiciaires proviennent de l'Elysée. Il s'attendait à une proposition d'"ouverture"... il a eu une ouverture d'enquête.

Délinquance
Un voleur de talons hauts a été arrêté ; vérifications faites, ce n'était pas Sarkozy mais un fétichiste allemand.


Lundi 5 octobre 2009
Une récente discussion, animée et cordiale, avec mon excellent confrère et ami Rimbaud Warrior, m'a incité à traiter aujourd'hui de certaines affaires judiciaires très à la mode. Loin de moi l'idée saugrenue de gloser - encore ! - sur le bien fondé des poursuites exercées à l'encontre de Roman Polanski, encore moins sur l'attitude ambiguë des autorités suisses dans cette affaire.
Néanmoins, j'ai cru discerner dans le traitement de ce sujet une certaine méconnaissance de ce qu'est la justice républicaine française, et, a fortiori, américaine. Car dans cette histoire, on parle un peu à tort et à travers en ignorant - sciemment ou non - les principes qui régissent le troisième pouvoir.

Je constate qu'une querelle de principe est entretenue entre les partisans d'un jugement de Polanski au nom du respect des femmes, et ceux d'un pardon légitimé par l'ancienneté de l'affaire (ou pire encore, par le talent de l'accusé). Tant qu'on se querelle pour ça, on ne va pas à la votation organisée à l'occasion du changement de statut de la Poste...

Cette querelle est absolument absurde, mais elle prend dans un contexte particulier propice à son montage en épingle. Cependant, les arguments avancés par l'un et l'autre camp sont dénués de fondement, d'abord aux Etats-Unis, ensuite en France.
Aux Etats-Unis, territoire sur lequel le crime de Polanski a été commis, il n'y a pas de prescription sur cette affaire. En effet, on estime aux USA qu'un criminel doit être marqué à vie du sceau de son infamie ; si tel n'était pas le cas, la peine de mort n'aurait plus aucune justification puisque si l'on considère qu'un criminel peut être repentant, voire "accidentel" dans le sens où il ne recommettra plus jamais de crime au cours de sa vie, il deviendrait de fait criminel et aberrant - voire barbare - de l'exécuter.

Dans ce contexte, que l'on soit d'accord ou non avec la position américaine sur la justice, Polanski peut, et doit même être jugé puisque c'est la loi et qu'il est toujours un criminel aux Etats-Unis. Que le juge qui s'amuse à le poursuivre le fasse pour se faire de la pub ou forcer les autorités suisses à un renvoi d'ascenseur politique n'y change rien - du point de vue de la loi, Polanski est arrêté, il sera ou non relâché sous caution en attendant le procès, mais il sera jugé.
Ce qui entoure cette arrestation est peut-être parfumé de l'air nauséabond des basses manœuvres politiques, n'empêche qu'elle est parfaitement légitime dans le contexte du droit américain. Et d'une.

De deux, si l'on considère cette affaire selon le droit français, ce qui est le cas dans la plupart des analyses et qui les rend caduques, les arguments employés sont fallacieux. Et je ne parle même pas du prétexte du "talent" employé par le brave Kouchner qui semble considérer qu'un artiste de renommée mondiale peut tout se permettre. D'ailleurs, merci Bernard, le nombre de cyberdiscussions sur le sujet qui vont atteindre le Point Godwin en moins de cinq messages vont sans doute être légion. J'entends déjà le contenu : "et si les aquarelles d'Hitler avaient rencontré un succès international, Kouchner aurait excusé le génocide au nom du talent"... Bref.

En droit français, il y a deux procès en un. D'une part, la société accuse un criminel supposé et décide, s'il est jugé coupable, de la manière de s'en protéger et de le punir. C'est le côté pénal. Du côté civil, les "parties civiles", les bien nommées, demandent à l'accusé réparation de son crime envers ses victimes.
Aux Etats-Unis, le système civil est bien plus distinct qu'en France du système pénal. Il existe des possibilités d'arrangement financier entre coupable et victime ; cela ne veut pas dire que les poursuites pénales sont abandonnées, seulement que la victime est indemnisée à la hauteur qu'elle estime juste des préjudices subis par accord direct entre les deux parties, sans que le juge intervienne.

En France, cela n'existe pas en matière de crime. Il faut que les victimes ou leurs représentants se constituent parties civiles, donc participent activement au procès, pour percevoir ce qu'on appelle des dommages-intérêts. La grande différence est qu'en France, c'est le juge qui fixe la réparation financière ; les parties civiles n'ont pas autant de marge de manœuvre pour négocier directement avec le criminel - mais les choses sont en train de changer. En gros, si les parties civiles retirent leur plainte, le criminel reste jugé au pénal - et pourra être puni d'une amende ou d'emprisonnement - mais les victimes ne seront pas indemnisées.

L'autre grande différence française est qu'il existe une prescription pour ce type de crime. S'il avait eu lieu en France, le crime de Polanski serait prescrit. La prescription est surtout valable pour le côté pénal d'une affaire. En effet, on estime qu'un violeur qui ne récidive pas pendant trente ans ne représente pas vraiment une menace pour la société. Il est donc inutile que la société cherche encore à s'en protéger. C'est compréhensible si l'on considère qu'une peine de prison n'est pas prononcée pour venger la victime mais pour empêcher que le violeur ne recommence sur quelqu'un d'autre.

La peine "pénale" en effet n'est là que pour éviter la récidive - je suis d'accord, il y aurait des choses à en dire - alors que ce sont les dommages-intérêts qui sont là pour "réparer" le tort causé à la victime. En aucun cas la peine prononcée dans un jugement pénal ne peut être amalgamée au fait de donner satisfaction à une victime.

Dans un procès, une victime ne reçoit que deux choses : la première, c'est un coupable. C'est bête à dire, mais la reconnaissance de la culpabilité de quelqu'un et son corollaire, la reconnaissance de la victime en tant que telle, est déjà un mode de réparation. C'est en tout cas la base de la reconstruction personnelle de la victime. La deuxième chose, c'est une compensation financière estimée par le juge en relation avec le préjudice subi et la demande des parties civiles.

punition du criminel n'a en revanche absolument rien à voir avec une réparation envers la victime, ou une punition à la satisfaction de la victime. D'ailleurs, ce ne sont jamais les parties civiles qui demandent une peine, mais le Procureur de la République. C'est la société qui demande une peine, pas les victimes. Le contraire indiquerait qu'un procès ne serait qu'une institutionnalisation de la vengeance des victimes - soit la barbarie.

En conséquence de quoi la prescription - y compris pour les viols et les crimes les plus odieux - a toute sa place dans le système judiciaire français, qui a, lui, aboli la peine de mort. Parce qu'on imagine que les hommes sont perfectibles et peuvent changer de route quand ils ont fait des erreurs.

Cela ne veut bien sûr pas dire qu'il faut arrêter de poursuivre les criminels avant la prescription ni qu'ils ne doivent pas être sévèrement punis s'ils sont attrapés. Il serait peut-être par contre bon de séparer prescription pénale et prescription civile, car si le criminel a cessé au bout d'un temps d'être dangereux pour la société, a cessé d'être un criminel, il n'en a pas moins un devoir de réparation imprescriptible envers la victime qui, elle, ne cesse jamais de l'être.



Probablement à suivre
Par la carne - Publié dans : Moins brèves
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Commentaires

C'est bien long pour un 'je suis pas d'accord"...
Bref, dans tout ça, je ne vois que des querelles de merde(scuse pour le gros mots), et je ne vois aucun arguments qui plaide en faveur de la victime, qui elle demande juste qu'on lui fiche la paix ! Parce que la justice doit etre rendu certe, mais en son nom, et il se trouve que la victime, dont la maman a encaissé un gros hêque soit dit en passant, reclame depuis longtemps déjà qu'on lui fiche la paix avec cette affaire, qu'on la laisse tranquille et qu'on en parle plus..
D'ou ma question : La justice est censé etre rendu au nom de la victime, alors si elle ne la souhaite pas, pourquoi parle t'on encore de cela ?
Je ne pose pas la question de la culpabilité ou non, je veux juste savoir pourquoi on s'acharne sur cette affaire au nom d'une victime qui ne demande rien ou plutôt qui demande qu'on ne lui rende pas justice ?
Commentaire n°1 posté par Madame Olson le 06/10/2009 à 09h42
Justement ! C'est parce que la justice n'est pas seulement rendue au nom des victimes, mais au nom de la société entière que cette affaire se poursuit. Que la victime ait ou non été indemnisée, et qu'elle veuille ou non porter plainte, la société a subi un préjudice et doit punir un coupable selon les lois qu'elle s'est donnée. C'est pour ça qu'il faut bien faire la différence entre le civil et le pénal ; dans cette histoire, la victime peut retirer sa plainte, ne pas assister au procès de Polanski... n'empêche que la société prévoit de punir les pédophiles non pas pour satisfaire les victimes mais pour se protéger elle-même. J'ai écrit ça justement pour qu'on ne confonde pas réparation du préjudice causé aux victimes et peine ordonnée par la loi. Ces deux choses n'ont rien à voir.
Quant à l'aspect "je ne suis pas d'accord"... pour ma part, Polanski, je m'en fous qu'il aille en taule ou non, du moment que le droit est respecté. Je soulignais juste que les querelles partent sur des bases biaisées dans le sens où opposer le désir légitime de la victime d'oublier l'affaire et le droit de la société à poursuivre et punir un criminel n'a aucun sens. Pourtant, c'est ce qu'on fait...
Réponse de la carne le 06/10/2009 à 14h00
ah ben j'apprends des trucs dis donc, c'est bien foutu
Commentaire n°2 posté par cubik le 06/10/2009 à 10h20
Heu... pas toujours... Mais en théorie, c'est censé marcher.
Réponse de la carne le 06/10/2009 à 14h00
J'aimerais obscurcir plusieurs points :

* D'abord l'accusé, lui aussi, voudrait bien qu'on oublie cette affaire, et ça personne ne le dit. Y'en a toujours que pour la victime !

* La gloire ne doit jamais altérer le processus de la justice : Polanski a droit au même procès que Pierrensurf ou Jacapier.

* Si la victime était la réincarnation d'un pédophile n'ayant jamais été puni, tout le monde trouverait que ce n'est qu'un juste retour des choses. A-t-on enquêté sur ses précédentes incarnations ? Non, bien sûr !
Commentaire n°3 posté par Dr Jesplik le 07/10/2009 à 13h01
Merci de ces obscurcissements ma foi fort inconstructifs ; j'adhère à 100% au premier point. Le deuxième point allait sans dire, mais ça va mieux en le disant, même en mono. Pour le dernier point, une précision est peut-être nécessaire : la prescription court-elle en cas de réincarnation ?
Réponse de la carne le 07/10/2009 à 19h33
Si elle veut une prescription, la victime ex pédophile peut faire comme tout le monde et aller chez le médecin. Avant de se réincarner il lui a fallu mourir, et pour ça même le plus pugnace des médecins accordera au moins une aspirine.
Commentaire n°4 posté par Dr Jesplik le 07/10/2009 à 20h56
super bien expliqué, je te remercie sincèrement de m'éclairer ce genre de lanterne que je laisse trop facilement se faire éclairer par des gens qui sont rarement des lumières.

Un jour tu m'expliqueras le conflit israelo-palestinien, parce que là jai eu beau tenter de me documenter sur le biniou, j'ai jamais rien pigé :(
Commentaire n°5 posté par Stipe le 09/10/2009 à 16h06
Pour le conflit israëlo-palestinien, Didier Super explique ça bien mieux que moi :)
Réponse de la carne le 12/10/2009 à 07h57
Moi, j'aime cette différence: on juge l'accusé pour la société et non pas pour venger la victime. Il a causé préjudice à la société en ne respectant pas ses règles.
Je trouve qu'on l'oublie trop souvent.
Commentaire n°6 posté par Mrs D. le 20/10/2009 à 16h26
C'est marrant (si si, tu vas voir!) j'ai écrit il y a peu "La justice est pour les vivants, la vengeance pour les morts" - tu vois que c'est drôle ;o)
Bref : je n'avais pas pris le temps de venir te lire plus tôt, c'est réparé et j'ai bien fait... c'est rudement intelligent, tout ça! J'aime bien, comme ça après je pique des arguments pour briller en société.
Commentaire n°7 posté par poupoune le 25/10/2009 à 22h12
Cher confrère,
ma démarche ne visait pas à critiquer les choix des systèmes judiciaires quels qu'ils soient : je m'en tape le coquillard avec un presse-purée.
Ce qui me chafouine le bulbe, c'est le fondement même des lois faites par des hommes et qui à mon sens ne prennent pas l'entière mesure des dégâts causés par les viols. Ce n'est pas une question de vengeance ou de victimisation. Juste une volonté d'équilibre. Trip souvent on a à l'esprit l'idée que la femme est tentatrice par nature, ce qui réduit la responsabilité de l'homme. C'est à ça que je m'attaquais, et je suis meurtris de ne m'être pas fait comprendre correctement.
Non, je déconne. Je te bise, ma carne.
Commentaire n°8 posté par Raimbaud Warrior le 03/11/2009 à 23h31
Tiens tiens, en passant par là, je me disais que tout ça me manque un peu (bcp...)
Commentaire n°9 posté par Mrs D. le 10/11/2009 à 10h34

Almanach - Juin

Les astuces de Mollah Doudou

Pensez à revendiquer les crashes d'airbus avant même le décollage, pour gagner du temps.Ne laissez pas de stupides sondes Pitot vous couper l'herbe sous le pied alors qu'il y a de la pub à se faire.



Le chiffre du mois

57. C'est le pourcentage de français qui ne partiront pas en vacances cette année. C'est aussi, étrangement, la surface de plage en cm² qu'auront gagnée ceux qui partent. Comme quoi, faut pas voir tout en noir.



Le saviez-vous ?


En conformité avec la laïcité positive, la terre sera ronde une semaine sur deux. .



Savoir-vivre


Le pliage des serviettes, c'est très dur, c'est pourquoi il est recommandé de ne point trop fustiger les employeurs de soubrettes chinoises prépubères.



Horoscope

Ce mois-ci, tous les signes du zodiaques gagneront au Loto. Ca va être un  de ces bordels !



Ca s'est passé en juillet


1789, le 14. Place de la Bastille. Roger, livreur de cymbales chez Paul Beusher, percute avec son camion un triporteur qui remontait sur Stalingrad plein de sacs prétendument emplis de farine. Le ton monte.



Le saint des saints


Ce mois-ci, Saint Plombest à l'honneur. Il s'en est pris dans le train, celui-là.



Le jour du mois

Ce mois-ci, c'est la Fête Nationale. Cette année, c'est l'Inde qui est ivitée pour défiler à notre Gay-Pride en Kaki..



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