Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Un Journal Présenté Par :

  • la carne
  • Blog complètement partial garanti sans OGM ni carte de presse. On a son honneur, tout de même.
  • Blog complètement partial garanti sans OGM ni carte de presse. On a son honneur, tout de même.

Météo


Si t'as froid l'hiver, brûle un ministère.

Si l'hiver est dur, brûle une préfecture.
28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 23:00

AMOUR

 

Linguistique

 

Masculin, nom commun, surtout pour les autres.

Vient du latin "amor" qui signifie "Je ne suis pas certain du bien fondé de la décision de l'arbitre".

Le pluriel d'amour est féminin, précision grammaticale importante puisqu'elle tend à légitimer la polygamie malgré l'analphabétisme manifeste de Lies Hebbadj. Alors que pour la polyandrie, t'as ma main sur ta gueule si je t'y prends.

Cette caractéristique du changement de genre avec le pluriel n'est pas courante en français ; elle ne se retrouve que dans trois autres occurences : délice, orgue et escargot. Mais pour escargot, faut regarder de près. Le passage au féminin avec la pluralité donne raison à Brice Hortefeux : c'est bien "quand il y en a beaucoup que ça pose des problèmes". 

 

 

Définition

 

L'amour est un tendre sentiment qui unit deux êtres grâcieux dans un même élan de guimauverie bornée et d'échange de fluides gluants et corporels divers. A deux exceptions près :

- la nécrophilie est un amour qui unit un être et une carcasse privée d'âme, comme par exemple un nègre ou une femme ;
- l'amour de Dieu est un amour dans lequel l'échange de sécrétions s'effectue en l'absence d'un des partenaires, en général au profit d'un autre plus jeune qui n'a rien demandé mais dont le craquement délicat du bassin monte en compagnie des louanges et des oratorio flatter l'oreille du Créateur de la même façon que la myrrhe et l'encens Lui escagassent les trous de nez.

 

La guimauverie, en revanche, ne souffre pas d'exception connue, même si celle-ci se dissimule parfois avec une exquise pudeur derrière des lunettes noires pour cacher les cocards.

 

 

Histoire

 

L'amour existe depuis que l'homme est homme, c'est-à-dire depuis qu'il arrive à se tenir sur ses pattes de derrière afin de se libérer les mains pour dire bonjour à Roger. Dans les cavernes humides et sombres déjà, Cro Magnon la trouvait Cro Mignonne et lui faisait le coup du bal du 14 juillet, ce qui n'empêchait pas sa compagne par ailleurs d'aller s'encanailler avec de vieux Néanderthaux dont la savante expérience la faisait grimper aux rideaux rupestres. Les femmes ont toujours eu un faible pour les plus vieux qu'elles. L'histoire ne dit pas si c'était déjà par vénalité à cette époque.

 

Passons rapidement sur les premières civilisations d'Assyrie, d'Ashur et de Babylone ; on soulignera cependant qu'ils auront beaucoup fait pour la rationnalisation de l'amour en inventant la prostitution. Cette invention majeure a l'immense mérite d'éviter à l'homme la culpabilité du menteur qui déblatère sur les beaux yeux, et d'abréger le tryptique préliminaire fastidieux (fleurs - dîner - théâtre contemporain). Jusqu'à aujourd'hui, cependant, le dîner a cela de préférable que les restaurants, eux, acceptent la Carte Bleue et remboursent s'il y a des poils où il faut pas.

L'Irak actuel en garde les traces sous la forme du B.M.C. américain, ce qui n'est qu'un juste retour des choses.

 

L'Antiquité égyptienne est une période particulièrement fade. Les hommes souffrent d'apathie et d'impuissance, ce qui conduit les femmes à se maquiller comme des poufiasses de province pour tenter de leur réveiller les ardeurs sous-ventrières. Les hommes sont mous. C'est d'ailleurs à juste titre l'âge d'or des bandelettes : n'est-ce pas un signe linguistique évident ?

 

Au même moment, en Chine, les hommes sont aussi peu membrés qu'actuellement. Je ne vois même pas pourquoi j'en parle.

 

La Grèce présente un profil antique plus intéressant puisque, à l'image de leurs représentations antropomorphiques ridicules qui leur tiennent lieu d'objets de culte, les athéniens s'atteignent bien et les spartes acculent les thébains publics. Même si les grecs sont des êtres frustres trop barbares pour vénérer le seul vrai Dieu, ils ont tout de même initié la mode chrétienne du craquement de bassin juvénile, et nombreux sont les hommes d'Eglise qui leur en rendent grâce. Bref, les grecs s'aiment, et, contre toute attente, sèment aussi puisqu'ils ont su créer une lignée capable de perdurer jusqu'à nous plomber l'Euro ici et maintenant. En tout cas, quelles que soient les moeurs de leurs hommes, les hellènes n'en font pas un drachme.

Bref, les grecs sont larges d'esprit, entre autre. Tellement larges qu'ils ne sentent plus grand chose, d'où l'expression encore bien connue là-bas : "Papa en est où ?".

La civilisation grecque de l'Antiquité, d'un point de vue amoureux, s'est tellement exportée, et a tellement marqué les peuples qu'aujourd'hui encore on peut entendre nos jeunes gens, malgré leur attachement apparent à une virilité sans concession, clamer presque chaque jour qu'ils "vont se faire un grec".

 

L'histoire de l'amour commence à acquérir ses véritables lettres de noblesse durant l'ascension romaine, comme en témoignent les écrits magnifiques de poètes comme par exemple Martial, Juvenal ou Gardenal. Les Métamorphoses montrent notamment à quel point l'Amour remplit les ouvrages et Ovide ses bourses. L'amour est tellement présent dans la littérature que la langue s'en ressent ; la preuve : si cunnilingus, c'est pas du latin, je veux bien me faire grec.

L'époque est tellement chaude qu'on jette l'éponge à Pompéi et Herculanum à cause du trou qui fume.

Malheureusement, cette belle harmonie des sentiments, soutenue par l'arrivée à Rome du message du Grand Babacool Fils à Papa ("Aimez-vous les uns dans les autres"*), est vite interrompue par l'irruption intempestive d'une horde de Hell's Angels au milieu de l'orgie. Il est vraisemblable que c'est ce qui a provoqué pour les siècles suivants un dérèglement hormonal et glandulaire sévère, le coïtus interruptus étant comme chacun sait source d'effroyables traumatismes.

 

La conversion des Hell's Angels au scoutisme démarre en effet à peu près à ce moment. Cette répression des désirs naturels conduit à une austérité globale soutenue par les curés de campagne qui en ont gros sur la patate depuis qu'on leur a interdit la bagatelle.

Adieu la liberté de moeurs, adieu l'amour, bonjour le sexe service public démographique et les mariages arrangés qui valent pas un coup de rhum. A peu de chose près, la position du missionnaire (qui permet surtout que madame ne se sauve pas) dans le noir et les bons jours du mois garantit seule le Paradis jusque dans les années 70 du siècle dernier.

Ca fait un grand saut, mais à peu de chose près - l'invention de l'Islam n'ayant pas fait évoluer grand chose en la matière malgré les soixante-dix houris - rien ne frétille pendant quinze siècles. On recense juste environ quatre-vingt-douze métaphores discrètes inventées par le clergé pour éviter de dire "vérole", ce qui montre que l'évolution est doucement en marche sous les soutanes.

 

La libération sexuelle est une véritable révolution : j'aime qui je veux, quand je veux et dans la position que je veux sont les trois mots d'ordre de l'époque. En fait, les choses ne changent pas vraiment tout de suite (surtout quand c'est une femme qui tient ce langage), ce sont surtout les mateurs qui peuvent en voir les applications au cinéma permanent du quartier.

Le temps que l'idée fasse son chemin, le SIDA arrive et calme les ardeurs (mais pas les hardeurs). Un nouvel équilibre amoureux se forme sur les ruines de l'ancien, où le contrat de mariage est remplacé par les résultats d'analyse. Nous en sommes là, à la croisée des chemins entre la redécouverte des moeurs antiques et le safe-sex hérité de l'austérité médiévale, ce qui fait de nous par voie de conséquence des amoureux désespérément moyens**.

 

 

Physiologie de la guimauve

 

Ce n'est qu'il y a peu que l'amour a acquis ses manifestations physiologiques actuelles, celles-ci se trouvant en relation étroite avec notre régime hypercalorique.

En effet, médicalement, l'amour est à la fois une affection rénale (syndrome des yeux de merlan hépatique), cardiaque (palpitations hypercholestérolémiques), neurologique (tremblements, sudation excessive) et stomacale (douleurs communément appelée "noeuds") provoquée par les excès alimentaires et l'absence d'exercice physique notable.

Ces affections provoquent des troubles de la vision qui incitent le malade à penser qu'un être somme toute banal passant à proximité est au plus haut point désirable, au mépris total du principe rationnel de l'égalité des chances inscrit dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Les amoureux sont donc de fervents anti-démocrates qu'il convient de fusiller ou de déporter dans "Loft Story".

 

 

 

Conclusion

 

Pour terminer, on peut dire qu'il existe autant d'amours vraies que de communistes sincères. Pourtant, communiste, c'est plus facile : on peut le faire tout seul.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Piqué à Marcel et son Orchestre

** A part Lili et moi, qui sommes des modèles, bien sûr.

Partager cet article

Repost 0

commentaires