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Si t'as froid l'hiver, brûle un ministère.

Si l'hiver est dur, brûle une préfecture.
2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 06:00

BANQUIER

 

Linguistique

 

Masculin, nom commun, bien trop commun.

Ce mot vient probablement du patois picard où il est étroitement lié à l'ennui et la contrariété. On le retrouve par exemple dans l'expression : "Ah bah y nous fais banquier çui-ci", qui signifie à peu près "cette personne nous plonge dans des abîmes d'agressivité perplexe". En gros, hein.

Par glissement sémantique, suite à l'ordonnance de Villers-Coterêt qui unifia les patois régionnaux sous la bannière du champenois pour donner naissance la langue française, cet idiomatisme chtimi servit à désigner l'engeance la plus vile qu'on avait sous la main.

En l'occurence, ce fut Jacques de Beaune, baron de Semblançay, le ministre des finances de François Premier ; grand créditeur du roi et ennemi intime de la reine-mère, il se fit accuser de détournement de fonds et pendre à Montfaucon comme un malpropre, ce qu'il était sans doute vu l'époque, mais à tort en ce qui concerne le motif de l'exécution.*

Il se passa cependant du temps avant sa réhabilitation, temps que s'empressèrent de passer les argentiers de tout acabit à prendre pour modèle ce supposé escroc. Quand on se rendit compte qu'il était innocent, il était trop tard : tous les manipulateurs de pognon avaient pris l'habitude de rincer leur monde, et ne la perdirent pas.

On perdit en revanche l'habitude de les pendre.

 

Comme quoi, toutes les traditions ne sont pas bonnes à jeter.

 

 

Définition

 

Aujourd'hui, le terme banquier recouvre un large panel de profils, avec pour seul point commun celui d'exercer l'usure. Cela va en effet du patron de la banque que vous et moi ne verrons jamais que sur les pubs qu'on vous envoie avec vos relevés de compte histoire de leur donner un peu de couleur,  jusqu'au guichetier minable qui vous colle les pages du Livret A avec ses doigts sales et gourds.

Le banquier n'est jamais innocent. Jamais un innocent ne voudrait être banquier. D'ailleurs, demandez à des enfants innocents ce qu'ils voudront faire comme métier plus tard, aucun ne vous répondra : "Banquier". A leurs yeux, même gendarme, voleur, cow-boy ou Président de la République sont des métiers plus honorables, c'est vous dire à quel point les enfants sont cons - mais patience, leur tour viendra.

Si l'on devait définir brièvement le banquier, on ne saurait quelle entrée choisir de leur fourberie mesquine, de leur malveillance chafouine ou de leur misère affective. C'est pourquoi je me bornerai à cette définition lapidaire : banquier, c'est le dernier métier qu'une bête voudrait exercer si on lui mettait un costume trois-pièces.

 

 

Topologie

 

Le terne de la vie des banquiers ne mérite absolument pas qu'on s'étende à dresser un inventaire des variations falotes de leur mode de vie minable. J'ai jugé plus intéressant - et plus indispensable - de référencer les meilleurs moyens de mettre fin à leur pitoyable existence.

- La pendaison, nous l'avons vu, est passée de mode. Dommage : cela présentait pour eux l'avantage notable de résoudre leur impuissance chronique et de faire rire les enfants (car il n'est de spectacle plus burlesque qu'un banquier qui bleuit en tirant la langue et en faisant "argll").

- L'écrasement comme un étron qui fait connaissance avec la gravité depuis une fenêtre du World Trade Center a largement fait ses preuves. L'inconvénient : la vitesse trop élevée du supplice et la nette tendance à faire passer le supplicié pour un martyr aux yeux des imbéciles.

- L'éviscération : inutile, le banquier n'ayant ni tripe ni coeur. Mais c'est joli.

- Le dépeçage au couteau à huîtres reste encore la manière la plus évidente, cela n'étant qu'un juste retour des choses.

 

 

Physiologie

 

Le régime alimentaire du banquier est frustre ; il se nourrit de la misère du monde et la régurgite dans la gorge goîtreuse de ses pairs déjà nantis, à la manière de certains oiseaux - qui sont, au passage, avec les reptiles, les vestiges les plus directs des dinosaures.

Avec leur gros cul et leur petit cerveau, les banquiers en sont de fait probablement aussi les dignes descendants. On pourra ajouter au tableau leur aspect froid et visqueux qui les rapproche d'autant plus des reptiles.

Ce ne sont que des suppositions : en l'absence de traces fossiles, on n'en saurien.

Rien n'indique pour autant que le banquier soit une espèce en voie de disparition, voire en voie de moralisation.

On en déduit donc que le banquier n'existe que pour ridiculiser le Grenelle de l'Environnement, c'est pourquoi il semble indispensable de le fusiller ou de le déporter dans "Loft Story" à condition qu'ils remplacent la piscine par une potence.

 

 

Conclusion

 

En conclusion, on peut dire que le banquier est le prédateur naturel du communiste, sauf en Chine où son chemin est parsemé de pétales de roses fabriqués à la main par des enfants tristes.

 

 

 

 

 

 

 

* En ce temps-là, on avait le sens du remaniement ministériel.

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