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Un Journal Présenté Par :

  • la carne
  • Blog complètement partial garanti sans OGM ni carte de presse. On a son honneur, tout de même.
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Si t'as froid l'hiver, brûle un ministère.

Si l'hiver est dur, brûle une préfecture.
26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 17:43

Comment sauver le régime des retraites ?

 

Ca a l'air si simple... Tout le monde a des solutions infaillibles, même que ceux d'en face sont des imbéciles-incompétents-injustes-inconséquents, rayez les mentions, elles sont inutiles. Toutes.

 

Déjà, les moins ramollis d'entre vous se seront déjà posé la question de savoir s'il est si indispensable de sauver, et en plus, de savoir quoi sauver. Certains, encore moins nombreux, ont même déjà une réponse. Ou plusieurs, pour les plus tordus.

 

Bien évidemment, la réponse est : non, rien.

Rien n'est indispensable ; demandez à un petit centrafricain s'il est indispensable de sauver la retraite par répartition et maintenir le droit d'y prétendre à soixante ans, il ne prendra même pas la peine d'y répondre. Soit parce qu'on ne parle pas la bouche pleine, même pleine de son interlocuteur, soit parce que le savoir-vivre défendu par l'indispensable Nadine de Rothschield stipule qu'il est éminemment vulgaire de parler quand on est mort - du SIDA ou de faim, là n'est pas la question.

De toute façon, quand l'espérance de vie ne dépasse pas quarante ans et le salaire minimum trois cacahouètes, j'imagine qu'on se fout de savoir si on aura assez pour se faire chier la graisse rance dans une croisière Costa ou si on devra se contenter de la place à côté de Dubosc au camping des Flots Noirs. Ou Bleus, si les promos vous permettent d'esquiver la Bretagne.

 

Par ailleurs, si l'on reste dans l'absolu, qu'y a-t-il à sauver ? Rien. Dans quelques éons, le caillou planétoïde sur lequel nos têtes blanches s'ébattent les varices au soleil de juin (ou de septembre pour les plus aventuriers) aura l'air du champs du centrafricain suscité, avant de se faire phagocyter par un soleil boursouflé et rouge comme un banquier qui sort d'un séminaire de moralisation du capitalisme.

A moins que quelque monsieur grave et triste, après d'hésitantes explications sur le sacrifice nécessaire pour préserver la liberté, la dignité, la sécurité, gna gna gna, appuie sur le bouton rouge en faisant semblant de se boucher le nez d'un air contrit aussi franc et sincère qu'une promesse d'homme politique. Ce qui, au passage, aura le mérite d'abréger le débat sur le Grenelle de l'Environnement, merci à lui.

 

La question de l'indispensabilité réglée, ce qui ramène l'enjeu qu'on grostitre façon finale de balle aux pieds dans l'Equipe à son statut réel, c'est-à-dire une page douze sur un match nul Dunkerque - Villefranche-de-Rouergue dans le Bouseux-Libéré, nous pouvons donc passer au contenu.

 

La question est donc de savoir comment continuer à financer les excès de cholestérol des Papys Mougeot.

 

J'aimerais signaler au passage que ceux qui s'emparent de la question et la placent sur le podium des interrogations humaines de cette année ont pour la plupart largement dépassé la date de péremption, et devraient de fait être disqualifiés pour dop-âge (ah, ah). En tout cas, ceux-là ne sont pas les plus concernés par l'âge de la retraite ou du capitaine. Ils sont déjà hors catégorie et toucheront de toute façon la leur, pleine et entière, de retraite. Salopards.

 

Donc, les vieux kroums de droite disent qu'on ne peut financer les retraites qu'en augmentant la durée de cotisation et en reculant l'âge minimum légal ouvrant des droits. Ils invoquent pour se positionner de la sorte le fait que le déficit chronique de la Caisse de Retraite provient de paramètres démographiques. Certes. La France vieillit. Rien qu'à voir sa gueule, on ne lui fait plus assez d'enfants. De toute façon, y'a pas de boulot pour eux, et ils ne pourraient pas partir à la guerre, vu qu'il n'y en a plus, à ce qu'on dit.

En plus, à force de diffuser des conneries à la télé, des Urgences, Greys Anatomy ou Docteur House, on encourage les médecins à en faire toujours trop. Hé, les surdiplômés, faut glandouiller un peu, là, vous allez trop vite pour nous. Attendez qu'on ait Alzheimer pour diagnostiquer les cancers : oublier de prendre ses médocs, c'est un peu sauver les retraites. Et la sécu tant qu'on y est !

 

Décidément, les médecins n'ont même plus le temps de profiter des cadeaux des labos pharmaceutiques que les épidémies sont déjà finies...

Donc, problème démographique il y a, c'est incontestable. Par contre, le résoudre en modifiant l'âge de la retraite, c'est stupide. Il suffit de modifier l'âge de la mort.

 

De l'autre côté, les croûlants socialos veulent faire casquer les riches. C'est noble, mais c'est con ; les riches n'ont aucun intérêt à financer les retraites françaises : vous en connaissez un, vous, de riche, qui veut passer ses vieux jours en France alors qu'il a les moyens de les passer aux Seychelles ? La solidarité, d'accord, mais faut qu'elle soit partagée, sinon c'est de la simple charité, et ça c'est mal.

Les gauchisses veulent convaincre les bourgeois en les culpabilisant : "Nan mais vous avez vu comme vous donnez des boulots pénibles aux grouillots ? Faut les faire partir en retraite tôt, eux, parce que le cancer c'est bien, mais quand t'as de l'arthrose et une sciatique, t'en profites moins". C'est con aussi : un riche qui culpabilise n'existe pas. Il ne serait pas riche, sinon.

 

De-ci, de-là, on entend un moins niais que les autres qui dit que si le problème vient du fait qu'il n'y a pas assez d'actifs pour financer les bas de contention, les plaids électriques et les fauteuils Everstyle, ce serait peut-être une bonne idée de penser d'abord à parler d'emploi.D'ailleurs, nos mères qui ont toujours raison ne nous ont-elles pas dit à l'envi : "Avant de penser à la retraite, commence déjà par bosser. Et retire les doigts de ton nez." ?

 

Mais ça, c'est moins simple que de s'empoigner pour la galerie sur un nombre vraiment, mais vraiment tout con (symbolique, ils appellent ça). 60.

 

Tiens, d'ailleurs, 60, c'est aussi le nombre de millions de cocus dans l'histoire.

 

 

 

 

 

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Published by la carne - dans Dossiers à charge
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